| Karin Küstner | 17 mai |
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La jeune accordéoniste allemande Karin Küstner, née en 1980 dans le Bade Württemberg, explore la dimension contemporaine de son instrument, furieusement inventive chez certains compositeurs bien vivants ou tout récemment disparus.
Küstner ne quitte les XXe et XXIe siècles que pour rejoindre les Prélude, Fugue et Variation op.18 de César Franck, à l'origine écrits pour piano et harmonium à quatre mains puis transcrits pour orgue.
Or le son de l'accordéon dans cette œuvre ressemble à s'y méprendre à celui d'un orgue, prenant, puissant, presque polyphonique !
La musicienne explore en effet la riche palette sonore du "piano du pauvre", recréant avec sensibilité des atmosphères aussi dissemblables que celles du Goulag du Russe Victor Vlassov, des minimalistes Jeux d'ombre de l'Allemand Heiner Frauendorf, des accents argentins du bandonéon de Piazzolla, des recherches techniques du Finlandais Lasse Pihlajamaa (pionnier en son pays dans la promotion de l'accordéon) ou du très français Max Bonnay, nostalgique d'une "petite valse pour rêver"...
Küstner nous emmène en voyage et elle réussit à émerveiller des pouvoirs d'un instrument que la "grande musique" a peut-être eu trop tendance à bouder. Elle ne choisit pas la facilité mais opte pour une diversité tout en finesse, sûre d'elle, confiante et sans nul besoin d'être démonstrative, car sa musicalité enchante sans artifice.
(Article par Isabelle Françaix, Bruxelles, le 2 février 2005)